Né dans la résistance
d'Okinawa

Le karaté (initialement Okinawa Te) a pour berceau Okinawa, l'île principale de l'archipel éponyme. L'archipel fut pendant fort longtemps de jure un royaume vassal de la Chine mais bénéficiant de facto d'une quasi-indépendance. Le royaume de Ryūkyū – tel était son nom – dirigé par le deuxième clan Shō, fut alors envahi en 1609 par les Japonais et annexé officiellement en 1879 par l'Empire du Soleil levant.

Dès lors que les lois japonaises entrèrent en vigueur sur l'île, les habitants d'Okinawa n'eurent guère plus le droit de porter leurs armes. À Okinawa, face aux lois imposées par cet inique décret, des habitants, des hommes du peuple, entrèrent en « résistance intérieure » en se réappropriant des traditions martiales chinoises et japonaises et en s'initiant aux techniques d'autodéfense à mains nues dont le karaté – tel qu'il fut nommé plus tard et qui a pour sens « voie de la main vide » – fut le fer de lance. La pratique de l'art étant interdit par l'occupant japonais, les habitants de l'île s'entraînaient le plus souvent la nuit.

À une époque telle que la nôtre où les autorités politiques ont une propension à délester les citoyens de leurs armes, savoir se battre à main nue, à la manière d'un karatéka accompli, fait tout son sens.

En raison des qualités intrinsèques du karaté, peu s'en fallut de temps pour que les Japonais n'adoptassent cette pratique d'autodéfense. En effet, lors d'un voyage en 1922, Gichin Funakoshi fit connaître le karaté okinawaien dans la capitale nippone. Lors d'une démonstration restée célèbre, Funakoshi démontra les qualités de son art au monde très sélectif des budō, notamment auprès de Jigoro Kano qui lui demanda d'effectuer une démonstration dans son dōjō.

Le karaté se caractérise par ses atemi (frappes avec les mains, les coudes, les genoux, les pieds, etc.) ; c'est ce qui le différencie de l'aïkijūjutsu. Dans le karaté de type Wadō-Ryū (« voie de la paix ») fondé par Hironori Ōtsuka Sensei (1892-1982) – l'un des premiers élèves de Gichin Funakoshi à Tokyo – les techniques, les projections et autres esquives sont plus nombreuses que dans d'autres styles.

Dès le début de l'enseignement, Raphaël Geiser Sensei attribue une large place à l'apprentissage des kihon (techniques, postures et déplacements de base), des kata (techniques enchaînées prédéfinies sous la forme d'un combat multidirectionnel contre des adversaires imaginés) et des kumite kata (mise en application avec un partenaire des techniques étudiées en solo). L'assimilation des différents kata permet de simuler différentes situations possibles de combat, en guise de prélude à la pratique des bunkai le stade supérieur de l'interprétation des techniques.

Karaté au Ryuken Dojo Karaté au Ryuken Dojo